Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

//I, Rob'//

Je suis élève dans une grande école d'ingénieurs de province.
J'habite dans une résidence où sont regroupées les trois promotions de
l'école. J'ai une scolarité chaotique mais pas si catastrophique.
J'écris des fragments de ma vie, choisis par ma motivation à les
transcrire. Du fantastique. J'écris pour que l'on sache que ça se passe
aussi comme ça.J'écris pour rassurer le monde entier, et moi y
compris ; je suis en vie. Je ne me compromets pas. J'avance, sans
forcément savoir vers où, et avec dans l'idée que le chemin est
beaucoup plus important que la destination. J'écris parque que j'ai un amour immodéré de mon prochain, et que je trouve naturel de partager avec lui le maximum.

Bien à vous,

Rob' 

//Les potes//

Vis ta vie, camarade. | 12 août 2008


Tant qu'on est là, un autre bout de prose glané à la racine de c:..

Cela fait déjà quelques jours que je me demande ce que, si je n'avais qu'un sujet à développer avant qu'on ne me coupe la tête, je choisirais de dire. C'est très délicat. On m'a souvent reproché de blablater, de tourner autour du pot. Certes, mais c'est pour mieux savoir autour de quel pot je tourne. Autour de quoi tournons nous? Certains semblent se dévouer à la science, peut être faute d'avoir autre chose à quoi offrir leur corps. D'autres vouent un culte à la dive bouteille. Et je note au passage l'existence de ce sympathique adjectif, qui n'a d'autre usage que de qualifier le réceptacle de bien des dévotions. Et, bien entendu, certains tournent, non autour d'un hypothétique pot, mais autour de ceux qui ont eu à la grande loterie génétique le tirage opposé du leur. Comme il est triste pour moi d'imaginer que certains ne gravitent autour de rien, qu'ils ne sont donc attirés par rien et passent leur vie dans un brouillard gris et ascétique, je partirai donc de l'a priori rassurant que nous avons tous une passion qui nous dévore. Pour ne pas dire un feu divin qui nous anime. Qui nous donne une âme. Et une raison pour bouger.

Quelle est donc ma raison?

La bouteille? Sûrement pas. Cette raison que je cherche est le noeud de ma vie, et ne saurait être interchangeable à plaisir. Puisque qu'importe le flacon, et que souvent femme varie -ou que souvent de femme on varie- la raison doit être ailleurs. Et je ne parle pas de la raison de ma présence sur terre, ou autre sujet totalement abscons&sujet à caution. Je parle de ma raison de continuer. Continuer sur terre, continuer à faire partie d'un monde et d'une société structurellement inadaptés à l'individu. L'animal humain, pour survivre, s'est créé une jungle bien plus sale (car artificielle, et donc artificieuse, aux règles mouvantes et bien plus complexes que manger ou être mangé) que le trou plein de boue entre les herbes hautes duquel il s'est sorti. Pour survivre il a inventé un tissu de liens, de dépendances, une hiérarchie, des codes, qui le dépassent et qu'il doit dépasser. Pour cela il faut une force motrice, un but, un projet, une oeuvre, qui nous dépasse pour nous permettre de nous dépasser. Et de continuer. Continuer à vivre, à faire partie de ce monde, à le former et le faire notre, puisque c'est le seul choix que je me laisse, je ne supporte pas la fuite.

Continuer pour quoi, donc, si ce n'est pour l'ivresse, qu'elle soit causée par un verre ou une femme? La recherche du bonheur? Dieu? Je ne me mêle pas de ces choses-là, mais il m'est avis que si je m'y mettais, je passerai ma vie à chercher, et donc je ne trouverai pas. Me semblent inaccessibles par nature, ces deux concepts là. De bons palliatifs, se dire "t'inquiète, j'y travaille", mais franchement je n'y crois pas trop. Quand je me sens perdu, je me raccroche à des choses beaucoup plus concrètes en fait que Dieu ou le Bonheur. Je me raccroche à un regard. A des regards. Le regard de cette fille afghane, pendant la précédente guerre d'Afghanistan, photographié par le National Geographic, de beaux yeux au fond desquels je vois.. la vie, malgré tout. Le regard de cette femme que j'ai croisée pendant mes oraux dans le métro entre Invalides et Balard, une femme qui pleurait seule dans la rame, entourée de regards baissés, à qui j'ai souri et qui m'a dit merci avec une gratitude qui m'a foutu un bourdon monstre pendant un mois. Le regard de cette Natascha qui a vécu toute la folie humaine, et qui ne contient pas le moindre ressentiment. Juste l'envie de continuer. Et cette envie de continuer je ne sais pas plus d'où elle vient que je ne sais d'où je viens. Je l'accepte comme elle est, comme j'accepte de faire partie de ce monde. Je ne sais pas à quel saint me vouer, mais j'ai mes madones. Elles et d'autres. Elles et toi.

Ce n'est pas une recette, ni un prêche, plus une confession. Une envie de vous faire chercher le sens derrière tout ça. Non pas le sens de la vie, le sens de votre vie. Pourquoi continuer en fait? Pour quoi? Se jeter dans les sciences et chercher des réponses aux questions, des réponses certes censées, mais qui partent du postulat que la question l'est, est une solution. Se jeter dans la recherche des paradis terrestres ou non, avec ou pas l'aide de substances diverses est une solution tout aussi valable. Se jeter dans les gens et se dire qu'on continue pour eux, même s'ils s'en foutent et ne me connaissent même pas est ma solution. Ne pas se poser la question n'est pas une solution. Ne le sera jamais. Je cherche une conclusion. Et ne pense pas la trouver.


Rd*

Publié par elendil1999 à 00:52:28 dans Random thoughts | Commentaires (2) |

I'm an analog guy.. | 12 août 2008

Parce que ces temps-ci je me sens d'humeur blogueuse, un texte librement transcrit d'une chronique d'Arnaud Viviant, ou de Phillippe Val, je ne sais plus, et des débats qui ont suivi sur France Inter et parmi ceux de mes amis qui ont le ?bonheur de partager mes errements : 

Utopie ?


Ils sont assis à la table d'un café. Ils sont arrivés ensemble, et repartiront séparément. Ils se sont retrouvés juste devant la porte, elle un peu énervée, parce qu'avec son nouveau combi jupe-bustier qu'elle avait acheté pour essayer de donner un nouveau souffle à leur couple, elle est passée devant un groupe de flics, qui lui ont carrément dit qu'elle était entre le racolage et l'exhibition, et qu'on n'avait pas le droit, mademoiselle, de se promener habillée comme ça dans les rues. Elle est donc un peu tendue, quand il lui dit par dessus son déca à elle et son orangina light (à lui) qu'il va partir pendant un mois à New York pour lancer son produit sur le marché américain. Elle lui demande est-ce qu'"elle" va venir. Elle, c'est cette salope qui lui sert d'assistante. Il lui répond que oui, bien sur, elle va venir, et qu'elle ne va pas commencer à lui faire un procès là dessus.

Elle lui dit qu'il n'a pas le droit de lui faire ça, et que si c'est à ce jeu là qu'il veut jouer, elle peut aussi rentrer dans la partie. Elle lui dit qu'elle le plaque. Il a un geste vers la poche de sa veste. Il se reprend. Il la regarde, et se dit qu'il n'a pas non plus le droit de faire un scandale dans ce bar. Il se lève, sort, fait quelques pas. Il s'arrête. Allume la cigarette qu'il n'avait pas le droit de fumer dans ce café, et va jusqu'à sa voiture. Merde. Il s'est pris un PV pour stationnement interdit.

Elle se lève, va au comptoir, commande un double whisky, et puis dit non, finalement, vous me ferez un café, je conduis. Elle boit un café. Ses mains tremblent. Elle l'a plaqué, elle est vraiment trop conne, elle l'aime en plus cet imbécile. Elle n'avait pas le droit de lui faire cette scène là maintenant, elle le sait. Et elle sait très bien que c'est des conneries cette histoire avec son assistante. Elle prend son téléphone et elle essaye de l'appeler.

Il ne décroche pas, il est au volant, fume clope sur clope, un peu tendu, ne regarde pas qui l'appelle et se dit que déjà qu'on n'a pas le droit de fumer au volant, il ne va pas en plus répondre au téléphone. Il roule, vivement qu'il soit arrivé chez lui, et merde, un flic sur le bas côté qui lui fait signe de se ranger.

Le flic lui dit qu'il ne veut pas le savoir. Que c'est pas ses affaires. Que tout ce qu'il sait, monsieur, c'est qu'on n'a pas le droit de rouler aussi vite. Et donnez moi vos papiers, simple vérification de routine. Ah, c'est là que vous habitez ? Vous n'avez rien d'illégal sur vous ? Non ? Vous permettez qu'on vérifie ? Il regarde dans son paquet de cigarettes, mais non, rien que des cigarettes. Il lui demande si il a le droit de faire ça, et le flic lui répond que oui, bien sur, monsieur, mais nous faisons ça avant tout pour votre sécurité.

Quand il arrive chez lui, il a quelques messages sur son répondeur, mais il ne les écoute pas. Elle est arrivée depuis un moment chez elle, elle attend près de son téléphone qu'il la rappelle.

Il se sert un verre, elle aussi. Que l'histoire continue ou pas n'a aucune importance.

Ils sont globalement heureux et satisfaits, selon les dernières statistiques de l'INSEE. Et, selon les dernières statistiques de l'OMS, ce sont les premiers consommateurs d'anxiolytiques et d'antidépresseurs. Peut être parce qu'ils n'ont pas le droit de consommer des drogues douces. Il sont en sécurité dans un état de droit, heureux dans la patrie des droits de l'homme, citoyens d'un état démocratique et soucieux des libertés individuelles. Ils ferment les yeux et vont se coucher, comme tout le monde.

Publié par elendil1999 à 00:44:08 dans Boulot, boulot | Commentaires (0) |

Du temps de cerveau disponible, première partie | 11 août 2008

Re bonjour à tous,

Cela fait longtemps que j'entends, dans diverses occasions, énoncer ce fait : nous n'utilisons que 10% de notre cerveau. Et cela fait longtemps que ce fait me tracasse. Passons sur le chiffre en lui même, évidemment 10%  c'est pour l'exemple, ce n'est pas vraiment 10%. L'idée derrière cette assertion, c'est que nous n'utilisons qu'une petite partie de notre cerveau, mettons 10%. Et ce fait m'intrigue.

Cela voudrait dire que 90% de nos neurones, de notre naissance à notre mort, ne servent à rien. Et bien alors, pourquoi en sommes nous dotés? Un organe aussi complexe que le cerveau serait constitué à 90% de matière inutilisée? Il me semble que Darwin aurait quelques mots à dire à ce sujet. Cependant, et malgré l'apparente absurdité de ce fait, demandez autour de vous, la majorité y croit mordicus, nous ne sommes qu'utilisateurs partiels de notre machine à cogiter.

Comme pour chaque mythe que je croise, je me suis donc lancé, aidé de mon fidèle destrier Google, à la recherche de la source de cette intoxication générale. Il semble que l'inconscient populaire ait été frappé par les premières images à résonance magnétique du cerveau, lesquelles montraient une infime partie du cerveau en couleurs et le reste désespérément sombre. De même, les nombreux exemples de personnes atteintes de maladies cérébrales, touchées par un quelconque éclat d'obus, qui bien que laissant intact 90% de leur cerveau les prive de leurs fonctions motrices, verbales, ou les laisse à l'état de légume.

L'importance de certaines zones du cerveau, leur spécialisation ne fait aucun doute. Mais de là à reléguer la majorité du cerveau dans l'inutilité, voilà autre chose. C'est donc que ces 90% du cerveau servent. Et que soit, dans la phrase "Nous n'utilisons que 10% de notre cerveau", le nous n'est pas une totale généralité (Nous (la majorité d'entre nous) n'utilise...) soit c'est cette utilisation qui n'est pas générale (nous n'utilisons (la majeure partie du temps) que 10% de notre cerveau).

Attaquons nous d'abord à la deuxième possibilité. Je vais ici utiliser un exemple glané ailleurs, et ce avec d'autant moins de scrupule qu'il est utilisé dans le but exactement contraire de celui pour lequel je vais l'employer. Fais-je usage, actuellement, alors que je pianote gaiment sur mon clavier, de 100% de ma capacité pulmonaire? Ou de ma capacité musculaire? (assez tristement, la seconde proposition pourrait s'avérer juste...) Fais-je même, à l'heure où je vous tapotte, usage de 100% des touches de mon clavier? Non, car tel l'ascenseur qui, même limité à 490 kilos pourra (je vous l'assure) en acheminer 500 du rez-de-chaussée à destination supérieure, nous disposons ordinairement de réserves nous permettant de réagir à l'imprévu dans l'accomplissement de nos tâches quotidiennes.

Imaginez un instant avec moi ce qu'il se passerait si nous utilisions 100% de notre cerveau. Cela voudrait dire qu'une fois lancés dans une tâche, nous ne pourrions accomplir rien d'autre que des réflexes (ce qui ceci dit couvre 90% du nécessaire pour notre survie, faites moi confiance sur ce point), qu'une fois lancés donc nous ne pourrions ni percevoir de changement dans notre environnement, ni penser à autre chose, encore moins nous questionner sur notre place dans l'univers, la fermeture du gaz dans l'appartement que nous venons de quitter, ou la raison pour laquelle elle s'est endormie la veille alors que nous étions en train de ... (quoique pour ce dernier point, il est tout à fait possible que nous ne soyons pas capables de nous en rendre compte, la besogne occupant la totalité de notre capacité à raisonner). Que nous n'utilisions qu'une petite partie de notre cerveau la majeure partie du temps est donc un fait connu, un non-évènement, qu'il est certes méritoire de rappeler, mais qui ne saurait entrainer une telle passion pour ce mythe du temps de cerveau disponible.

L'alternative est donc : la majeure partie d'entre nous n'utilise que 10% de son cerveau. Et là, le merveilleux s'installe, le matériel pour le mythe s'étale devant nos yeux ébahis. Il y a donc des gens qui utilisent plus de leur cerveau que nous. Ces gens-là, qui sont ils? D'où viennent ils? Sont ils des génies, de grands leaders, ou mieux encore, des magiciens, des prêtres, des occultistes capables d'entrer en contact avec d'autres réalités, à quels horizons inconnus de nous ont-ils accès de par leur usage de ces parties de cerveau que nous possédons mais qui nous restent inaccessibles?

Et c'est finalement vers là que dérivent ces discussions qui s'embarquent sur ces parties inusitées de notre caboche. Des lumières s'allument dans les yeux, et on parle de potentiel, non encore atteint, de nous autres humains, et on lance 'Un jour, ça sera possible, forcément.' Utiliser plus son cerveau. On touche le point qui m'irrite. Commençons déjà par l'utiliser un peu mieux, les gens, ça sera un premier pas. Mon fidèle destrier m'a ramené, les yeux pleins de fierté, tout jappant et en remuant la queue, une page très touchante expliquant que ces 10% sont évidemment une métaphore, faite par et pour des gens sans culture scientifique, et mettant en relief l'infini potentiel de notre cerveau. Ce serait un encouragement, un constat que quoi que nous fassions nous ne serons jamais en limite de nos capacités. Cela mérite discussion, et sera l'objet de la seconde partie, mais d'abord une remarque.

Il me semble entièrement faux que nos capacités mentales soient illimitées. Certaines le sont surement, l'abstraction, l'amour, l'imagination plus globalement, mais certaines ne le sont surement pas. Certaines sont limitées par notre cadre de pensée, qui peut être brisé ou circonvenu, mais d'autres le sont par notre culture et notre apprentissage même, en ce sens qu'une idée nouvelle en entraine une autre, qu'on ne peut court-circuiter ce processus (on le peut mais pas parfaitement), et que donc in fine ces capacités sont limités par notre temps de vie, qui ne nous permet pas de poursuivre à l'infini une réflexion. Et sans aller aussi loin, avez vous déjà essayer de résoudre, de tête, un système d'équations aux dérivées partielles croisées à trois variables, même linéaire? Soit vous n'avez jamais entendu parler de ce brave objet (première limitation), soit vous n'avez jamais essayé (paresse honorable), soit vous en mangez cinq avant votre jus d'orange le matin (et je n'aimerais pas vous croiser dans une ruelle sombre), et vous même conviendrez qu'à un moment, une certaine sorte de limite est atteinte, celle où il faut du temps pour acquérir un concept, une technique, et que non, là maintenant, je ne sais pas faire. Plus tard sans doute. Le temps est donc crucial, on pourra certes raccourcir l'apprentissage, couper certaines étapes, l'espérance de vie s'accroit, mais vous conviendrez avec moi qu'à la limite, justement, la limite demeure.

Et pour conclure sur cette première partie, je reviens sur une de mes marottes. Ce mythe donc, puisque c'est est un (point sur lequel je ne me suis nullement attardé,si ce n'est en soulignant l'absurdité scientifique qui sous-tend cette affirmation, mais mon propos n'est pas de vous mâcher l'esprit critique. Si vous pensez qu'il y a une vérité scientifique derrière cette proportion, cherchez, mes amis, et je me ferai un plaisir de manger mon chapeau) est au mieux un mensonge bénin tiré d'une mauvaise interprétation de faits (nous ne nous servons pas à un instant donné de la totalité de nos neurones, et je ne veux pas enfoncer encore le clou, mais le pourcentage en question dépendrait alors de la durée de l'instant), au pire une affirmation pseudo scientifique de la supériorité de certains.

Mais c'est surtout une affirmation fausse et sans fondement, au service certes d'une parabole intéressante (et l'objet d'un second article), mais exemplaire d'une utilisation de la science que je réprouve. Une utilisation de la science comme référence, comme source de vérité et d'absolu (un énoncé plus correct comme 'Une proportion significative de notre échantillon n'utilise, dans des conditions normales définies ci-après, qu'entre tant et tant de pourcents de son cerveau pour effectuer telle et telle tâche' porte beaucoup moins, avouons le d'intérêt), de vérité et d'absolu donc, la rapprochant un peu trop à mon goût d'une religion, et rendant difficile les débats nécessaires, face d'une part à l'obscurantisme qui prend de plus en plus de place dans la société qui est la nôtre, et d'autre part à cette nouvelle passion scientifique dont sont pris les racistes, les religieux, les dirigeants, et tous ceux qui cherchent dans la science un moyen de contrôle des esprits et des populations.

La suite de ces errements dans un prochain numéro.

Rob'

PS : Je ne ferai aucun commentaire quand à mon absence prolongée de cet espace virtuel. A bientôt, peut être.

 

Publié par elendil1999 à 00:00:05 dans Web-poesie | Commentaires (3) |

Conte, du nouvel-an ou pas | 31 décembre 2007

Nota pour les éventuels lecteurs de ce blog.. Si vous ne comprenez pas ce billet, fouinez..

Salut gamine..
Je sais pas pourquoi je t'appelle gamine ce soir, mais ça me vient.. Quoiqu'en fait je devrais t'appeler ma vieille. Donc.
Salut ma vieille..
Il semblerait que tu dormes vachement moins que moi, en tous cas depuis que j'ai fait l'achat d'un boite de somnifères, et que ipso-factotement je dors. Mais j'ai promis un conte du nouvel-an, et je vais donc cesser de digresser à hue et à dia et me mettre au boulot.

Conte du nouvel-an donc, mais conte quand même, et comme toute histoire qui se respecte c'est l'histoire.. d'un gars, pour changer, et pas de ces éternelles filles qui peuplent mes contes depuis que mon monde est monde. C'est l'histoire d'un gars, qui depuis tout petit était persuadé qu'il n'était pas très normal. On lui avait bien fait sentir, en longueur et en largeur, et ce refus de la normalité de l'accepter comme l'un des siens l'avait profondément marqué et ce à tel point qu'il s'était juré de ne jamais un jour faire partie de cette normalité –de nazes- et de toujours cherché à se distinguer. De sorte que les destins destinés (j'adore la tournure) à ce petit homme se réduisaient à :

- star d'un truc

- psychopathe

- maître du monde

- ou les deux

Notre histoire n'est pas du tout l'histoire de ce charmant garçon, bien que son destin soit passionnant et que j'en toucherai un mot dans un de mes prochains billets. Notre histoire est l'histoire d'un autre gars, qui s'est dit que dans la vie il ne voulait pas avoir de regrets. Il ne voulait pas se retrouver sur un chemin en se disant qu'il aurait dû prendre l'autre. Il a donc développé toute une stratégie pour se trouver, disons le franchement, dans un petit coin peinard où il lui fait bon vivre, pas forcément pour très longtemps, juste le temps de se poser et de se dire que oui, décidément, c'est plutôt pas mal. Dans un premier temps, il a décidé de se prendre la tête au delà de l'humainement pensable pour toute décision qu'il jugerait importante, de peser les pours, les contres, les contres des pours et les pours de contres, au degré dont il aurait envie. C'est une des raisons pour lesquelles il ne dort pas. Ou alors, de prendre toute décision au feeling avec un manque outrancier de réflexion, en se disant que merde, si on la sent bien c'est pas la peine de se prendre la tronche pendant vingt ans. Enfin bref, comme tu peux en juger, le petit gars est assez compliqué.

Et puis le petit gars s'est dit que, pour ne pas regretter, tant que faire il pouvait, il devait aller au bout de ce qu'il faisait. Et quand je dis aller au bout, c'est aller au bout, comme quand tu joues à un RPG et que dans chaque salle que tu visites tu parles à tout le monde tu cliques sur chaque putain d'objet, sur chaque bouquin de cette étagère de merde que tu sais que c'est un décor mais que tu essaies quand même tous les bouquins au cas où ils soient vicieux. Bref, jusqu'au-boutiste, le môme. Il a fait tout ce qu'il a pu pour aller au bout de ce qu'il faisait. Quand il était amoureux, il l'était à ne plus savoir qu'en faire, amoureux jusqu'au bout des ongles de l'autre (les ongles sont à l'autre hein, suis moi bien) et aveugle sur toute la surface de ses yeux à lui. Quand il était drogué, il a touché à tout ce qui lui passait pas trop loin des mains, voire à des trucs qui avaient l'air sympas et qui passaient un peu loin, il a été défoncé comme il avait jamais cru possible d'être défoncé, et puis il a remis le couvert en se disant que, ouais, y'avait quand même moyen de s'en mettre une plus grosse que ça. Et quand il était déprimé, il était déprimé.. bref, comme un gars qui va au bout de sa déprime, je vais pas te faire un dessin je vois pas comment faire de métaphore marrante avec ça.

Le garçon donc, a décidé d'aller au bout. Et en cette fin d'ancienne année et début de nouvelle, ben, le garçon, il est un peu arrivé au bout des trucs au bout desquels aller dont il disposait. Et il a l'impression, tu vois, d'être seul sur une grande place toute ronde, avec toutes les routes desquelles il est arrivé qui débouchent dessus, et il a beau faire le tour autour de lui y'a pas un trou de souris qu'il y soit pas allé au bout de. Et je te prie de pas l'imaginer zoophile, ma vieille, tu me feras plaisir. Non pas qu'il n'y ait pas d'autres routes, dans l'absolu notre gars il le sait bien que d'autres y'en a, mais il les a pas sous la main. Et des routes à arpenter pour en aller voir le bout, il a pas l'impression que ça se trouve sous le sabot d'un cheval. Donc voilà, le garçon, en cette fin d'année, il a l'option de repartir comme en zéro-sept, ce qui l'enchante pas tellement, non pas que ça soit pas sympa, mais il a pas très envie de refaire, ou de se dégotter une nouvelle route à y poser les pieds dessus, et à aller arpenter dans les règles de l'art.

Et la raison de cette histoire, c'est que le garçon de l'histoire va passer le 31 le plus pitoyable de son histoire à lui, même pas tout seul devant la télé, mais avec ses parents devant la télé, et qu'il déprime un bon coup, et que donc il a besoin de raconter une histoire à la con pour se changer les idées. Et pour couronner le tout, il vient d'avoir la quasi-confirmation que son père a une maîtresse, pour info preuve déterminante mais indirecte résultant de la manie du fiston de laisser traîner ses esgourdes et ses mirettes là où ce qu'elle devraient pas être, et de son autre manie de pas pouvoir s'empêcher d'additionner deux et deux quand ils passent devant lui. Et le gars en plus se sent, ben, un peu plus vide qu'avant, se demande ce qu'il devrait ressentir, se dit que, fondamentalement, c'est pas si sale, ça fait juste un truc de plus dont il ne pourra discuter avec personne (enfin si, discuter il pourra, simplement à moins d'en parler avec la maîtresse en question il devra attendre que la chose arrive sur le tapis pour en parler avec des gens concernée au premier chef), et une raison de plus pour apprécier ce nouvel-an passé dans la joie et la bonne humeur familiale.

Enfin, tout ça pour te dire ma vieille, que je vais vraiment apprécier qu'il y ait une bouteille de vin et du champagne demain soir au menu, et que je tuerais pour un joint et une raison de m'échapper de ces vacances qui s'annoncent un peu longues.

...and a happy new year..

Rob'

Illus prise sur flickr, si quelqu'un hurle je peux retrouver chez qui..

Publié par elendil1999 à 01:23:30 dans Boulot, boulot | Commentaires (1) |

Looking back.. | 12 décembre 2007

Il y a un moment déjà, on m'a donné un bon conseil. On m'a dit d'éviter de me faire bouffer. On m'a dit que quelque chose, le système des écoles d'ingé peut être, allait me cannibaliser, et qu'il fallait que je fasse gaffe. Je lutte, docteur, je lutte. Mais de toute évidence, quelque chose me bouffe. Je ne sais pas si c'est moi, ou si c'est ma lutte contre ce système. Je ne sais pas si c'est les gens. Ma façon d'absorber leurs peurs et leurs maux.

Résumé de ma soirée d'hier. J'ai la confirmation que ma voisine va mal. Enfin, qu'elle va encore mal. Après une rupture avec son homme, qui aurait pu lui faire du bien puisqu'elle se faisait bouffer par cette relation à mon avis depuis qu'elle existait, je n'ai jamais vu quelqu'un se sentir aussi mal, autant inférieure à l'autre, et persister aussi longtemps, ça me dépasse bien que je sache que ça existe. Bref, elle ne se sent d'attaque pour rien, perd pied, et refuse pour l'instant qu'on la sorte de la piscine. Une soirée de plus qui s'est surement finie par des larmes.

L'école d'ingé fait vraiment des dégâts sur les gens, déforme autant que la prépa, et je me pose vraiment des questions sur la ratio formation/déformation, et sur la rentabilité du truc. Fait marquant, quasiment toutes les soirées (arrosées j'entends) ont un point de virage où une fille se met à pleurer. A partir de là, on a une quinzaine de personnes qui craquent, finissent la soirée en larmes, je crois que c'est parce qu'on est tous jeunes, beaux et équilibrés.

Merci à tous ceux qui, malgré et contre moi, me suivent et ne me laissent pas tomber. Ils font que je suis peut-être un peu plus fort que la moyenne. Ou en tous cas que je craque un peu moins. Je leur dois à tous beaucoup, et les remercie ici faut d'avoir le courage de le faire en face. En attendant la suite, dans l'espoir fou qu'il y en ait une..

Rob' 

Publié par elendil1999 à 12:11:43 dans Random thoughts | Commentaires (2) |

1| 2| 3| >>

//Il doit bien y avoir des mots clés//

//Back in time//

Septembre

DiLuMaMeJeVeSa
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930    

Compteur

Depuis le 10-09-2007 :
7956 visiteurs
Depuis le début du mois :
163 visiteurs
Billets :
13 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03